[Critique] City Hall de Frederick Wiseman

City Hall est un de ces films qui peut rebuter par sa durée, d’autant plus qu’elle n’est pas particulièrement monnaie courante dans le genre documentaire. Il vous faudra donc prendre votre courage à deux mains et prévoir un peu de temps devant vous pour vous plonger dans ces 4h30 à la découverte de la politique de la mairie de Boston.

Celle-ci, dirigé par le maire démocrate Martin J. Walsh, se veut participative afin de la rendre égalitaire, sociale et culturelle. Dans ce but, les agents municipaux prennent le temps de réunir les citoyens à diverses occasions afin de leur donner la parole, d’ouvrir un débat et pouvoir faire avancer les choses positivement. Ainsi chaque séquence se produit dans un lieu différent, très souvent hors des murs de la mairie, proche des concernés, que ça soit dans un musée pour écouter les anciens combattants, dans la salle mise à disposition pour l’association des séniors ou encore par exemple au domicile d’un homme se plaignant d’être envahi par les rats. Par la multiplicité des lieux et des personnes rencontrées, Wiseman montre également la diversité des champs d’action de la mairie, qui tente d’intégrer tout le monde, notamment les séniors, les minorités ou encore notamment les homosexuels comme on a pu le voir dans une séquence de préparation de mariage entre deux femmes.

Wiseman nous montre que malgré la politique de Trump, certaines villes se démarquent en tentant d’adopter une politique juste et à l’écoute des citoyens. Or, il le fait en maintenant une distance par un cadre assez large mais aussi par le montage. Le réalisateur a choisi avec minutie ses séquences parmis des centaines d’heures de rush afin de garder le plus cohérent. Bien que sur la durée du film, quelques minutes auraient pu être supprimées en diminuant certaines scènes, Wiseman fait le choix de laisser le temps au débat. Les longues scènes de dialogues montrent les divergences et convergences d’opinions et mettent en valeur l’importance de la communication, aboutissant sur une réelle prise de mesures et des actions concrètes. Wiseman montre sans trop idéaliser, démystifiant même parfois cette utopie politique lors de séquences de débat qui s’éternisent et tournent en rond (c’est particulièrement le cas au sujet d’un potentiel commerce de cannabis dans un quartier déjà fragile). De plus, l’image et le montage mettent en valeur les citoyens, plus que le maire ou ses agents : on les filme quand ils parlent mais aussi quand ils réagissent simplement ou écoutent la parole des agents. Wiseman nous montre simplement ce qui se fait et ce qui est possible de faire, sans jugements réels.

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